2017

ISRAEL ARIÑO

LE PARTAGE DES EAUX

Quand l’anglais Scott Archer mit au point en 1851 la technique du collodion humide c’était avant tout pour améliorer la netteté de l’image et réduire le temps de pose par rapport aux procédés antérieurs, permettant ainsi à Edward Muybridge, qui l’utilisa pour ces recherches, d’étudier le mouvement des corps ou à Roger Fenton de réaliser les premières images de guerre en Crimée. A l’opposé Israel Ariño cherche aujourd’hui à ôter de la visibilité en introduisant dans le réel une part d’imaginaire et de poésie. Il ne recherche pas dans l’émulsion sur verre une quelconque transparence mais au contraire une opacité et un mystère, une beauté imparfaite due au geste de l’opérateur, unique à chaque plaque. Il tire parti des imperfections du support, de ses défauts d’adhérence pour redonner à la photographie sa dimension spectrale, chère à Roland Barthes : images-fantômes qui reviennent nous visiter, nous détourner de la tranquille évidence du présent, nous obliger à regarder Toulouse avec les yeux d’hier…

Dominique Roux
FR