MANON LANJOUÈRE : LAURÉATE DU PRIX PHOTOGRAPHIE & SCIENCES 2022

Manon Lanjouère

est lauréate du Prix “Photographie & sciences” 2022 pour sa série Les Particules, le conte humain d’une eau qui meurt. 

La Résidence 1+2, l’ADAGP et le CNRS avec la CASDEN, STIMULTANIA et PICTO FOUNDATION accompagné·e·s des partenaires médias Fisheye Magazine et Sciences et Avenir – La Recherche se sont réunis lundi 3 octobre 2022 à l’ADAGP à Paris pour délibérer et décerner le Prix Photographie & Sciences 2022 à la photographe.  

Une mention spéciale du jury est attribuée au photographe EZIO D’AGOSTINO pour sa série Sun dog. 

Le Prix Photographie & Sciences permettra à Manon Lanjouère de poursuivre son cycle de recherches artistiques et plastiques nous proposant ainsi un regard poétique sur la pollution qui modifie intrinsèquement nos océans.

« Berceau de notre vie, l’océan se transforme doucement en tombeau de l’homme qui ne survivra pas sur une planète avec une eau qui meurt. Huit millions de tonnes de matières plastiques sont déversées dans l’océan chaque année, à ce rythme foudroyant, et sans réelle action de notre part, la quantité de plastique dans l’océan devrait tripler d’ici à 2050. Les plastiques, qui se fragmentent en particules de plus en plus petites, forment alors des microplastiques qui constituent l’essentiel de la pollution plastique de l’océan. De part leurs très petites tailles, ces particules passent entre les mailles du filet et ne peuvent malheureusement pas être récupérées. Nous faisons face à un théâtre d’activité de la vie sous-marine étouffée par le plastique, nouvelle « végétation » de cauchemars.

Les particules se propose alors de rentrer dans la couche immobile des eaux, de lever le linceul sur les peuples invisibles, et de plonger le spectateur dans un abîme de réflexion. Avec l’image créatrice, j’offre une nouvelle forme au monde détruit de demain en en réinventant sa structure: les matériaux plastiques deviennent la nouvelle forme représentative des microbiomes et planctons. Par le jeu de la mimésis, je remplace le réel et anticipe un avenir par une image projective.

Cette espèce de prophétie apocalyptique montre un paysage sous marin sublimé, volontairement trop doux, trop artificiel, « nulle part la fraîche nature n’y respire » (G.Bachelard). Comme l’eau que l’on se projette au visage, Les particules souhaite réveiller cette énergie de voir, transformant le regard en une action claire et facile conduisant à une réelle prise de conscience. »

Manon Lanjouère 

La présentation de la série complète fera l’objet d’une table ronde avec projection à l’ADAGP à Paris, puis d’une exposition dans un lieu de référence consacré à la photographie en France, Stimultania Pôle de photographie à Strasbourg (exposition cumulée de Richard Pak, lauréat #2021 et de Manon Lanjouère, lauréate #2022, du 28 avril au 17 septembre 2023). 

© Manon Lanjouère, Asterionellopsis glacialis, ADAGP, Paris 2022.
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